Six heures de selle, les mains qui brûlent, les poignets qui lâchent… et encore 80 km avant le bivouac, c’est le moment où on se dit qu’on aurait dû écouter les conseils des ultra-cyclistes.
Les prolongateurs vélo, on les associe souvent au triathlon ou aux coursiers d’ultra distance, loin de l’image qu’on a du bikepacking, et pourtant…
Sur le bon parcours, ils changent vraiment la donne en terme de confort au niveau des mains, du dos, mais aussi sur la capacité à tenir sur la durée.
Je les utilise depuis plusieurs années, sur route comme en gravel longue distance, et ce guide est là pour vous aider à comprendre si vous en avez besoin, comment choisir le bon modèle et comment le régler sans y passer des heures.
📍 Testé sur le terrain : Plusieurs milliers de kilomètres, gravel et route, par tous les temps.
⚡ Mon avis en 30 secondes
Les prolongateurs ne sont pas faits pour tout le monde ni pour tous les parcours !
Mais sur une grosse journée plate ou vallonnée, que ce soit en bikepacking longue distance ou en gravel, ils font une vraie différence.
Que ce soit sur les mains, sur le dos, mais sur la tête aussi.
Le réglage initial prend du temps, c’est normal, mais une fois calé, c’est calé ! Et si vous craignez de perdre vos réglages à chaque démontage, les Redshift règlent ce problème une bonne fois pour toutes.
Prolongateurs Van Rysel – Pour le rapport qualité/prix
Profile Design Supersonic Ergo+ – Pour la légèreté
Zipp Vuka Clip Alumina Evo 52 – Le plus polyvalent
Ce que les prolongateurs changent vraiment sur le terrain
Mal aux mains après 5 heures de vélo ? Engourdissements, picotements, cette sensation d’avoir les poignets en feu à 100 km du bivouac… C’est exactement ce que les prolongateurs résolvent.
En appui sur les coudes, la charge sur les poignets disparaît complètement, sur une sortie de 8 ou 10 heures la différence est réelle.
Et ce n’est pas tout, car changer de position c’est aussi modifier l’appui sur la selle, un peu de répit pour les zones qui souffrent après des heures de route.

Mais là où c’est encore plus flagrant c’est face au vent, position plus basse, plus aéro, on sent la différence sur l’effort fourni, sur une longue ligne droite ventée c’est presque reposant.
Trois bénéfices en un seul accessoire, et clairement, ça fait le job.
💡 Astuce terrain : N’attendez pas d’avoir mal pour passer en position prolongateur, alternez toutes les 20-30 minutes sur le plat, avant que la fatigue s’installe, en prévention c’est bien plus efficace qu’en réparation.
Quand les utiliser et quand les laisser au garage
On en voit finalement assez peu sur les vélos de bikepacking, et c’est dommage, parce que sur les bons parcours ils changent vraiment quelque chose.
Moi je roule beaucoup en montagne et sur des chemins gravel, donc ils ne sont pas montés en permanence, ça n’aurait aucun sens.
Mais dès que le parcours s’y prête, dès que j’ai une grosse journée plate devant moi ou de longues portions roulantes, ils trouvent leur place sur le guidon.
Et là, la différence est réelle !

À vrai dire, leur vrai terrain de jeu c’est le plat venteux, la longue ligne droite qui n’en finit pas, la journée de 200 km sans relief.
C’est là qu’on comprend pourquoi les ultra-cyclistes en mettent systématiquement et pourquoi on devrait s’en inspirer.
Alors si votre itinéraire est très vallonné ou que vous roulez principalement sur sentiers techniques, ce n’est probablement pas le moment d’en monter.
Mais si vous avez de grosses journées plates devant vous ou que vous vivez dans une région plutôt plate à légèrement vallonnée, ou que vous luttez régulièrement contre le vent, les prolongateurs méritent vraiment leur place sur votre vélo.
Pour qui sont vraiment utiles les prolongateurs ?
Les prolongateurs sont faits pour vous si vous faites de longues sorties sur terrain plat, si vous roulez souvent face au vent, si vous avez les mains qui souffrent sur la durée ou si vous pratiquez l’ultra-distance et le bikepacking longue distance.
En revanche, si votre itinéraire est très vallonné, si vous roulez principalement sur sentiers techniques ou si vos sorties durent moins de 3 heures, ils ne vous apporteront pas grand chose et resteront probablement sur le vélo à faire de la figuration.
En prolongateur VTT, l’usage est plus limité, sur les sentiers techniques la position est impossible à tenir, mais sur les portions roulantes d’un trail longue distance, certains riders en mettent avec succès.
Les critères de choix ce qui compte vraiment
Tous les prolongateurs ne se valent pas, et choisir le mauvais modèle c’est prendre le risque de se retrouver avec des barres inconfortables, mal adaptées à son guidon ou incompatibles avec sa sacoche.
Voici ce qui fait vraiment la différence.
La forme ergonomique avant tout
C’est le critère numéro un, et pourtant c’est celui qu’on néglige le plus souvent.
Les prolongateurs de triathlon sont pensés pour une position horizontale et agressive, parfaite pour 40 km de chrono, beaucoup moins pour 10 heures de bikepacking.
En position trop basse et trop tendue, les épaules compensent, le bas du dos suit, et au bout de quelques heures c’est une nouvelle source de douleur qu’on s’est créée.
En usage longue distance, on préfère largement les modèles ergonomiques, avec une légère courbe qui permet de garder les avant-bras dans une position naturelle, les coudes légèrement fléchis, sans tension dans les épaules.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la différence se fait sentir au bout de quelques heures et sur plusieurs jours de bikepacking, c’est encore plus vrai.
Les réglages disponibles
C’est là que ça se complique un peu.
Contrairement à une selle qui a trois réglages (hauteur, inclinaison, profondeur ) les prolongateurs en ont beaucoup plus…
La longueur des barres détermine à quelle distance on pose les mains devant soi, la hauteur influe directement sur l’angle du dos, l’espacement des repose-coudes change tout le confort au niveau des épaules et l’écartement des barres sur le guidon conditionne la compatibilité avec votre sacoche de guidon.
Autant dire que le premier réglage prend du temps, il faut tâtonner, tester sur route, ajuster, recommencer.
Mais une fois la position trouvée, c’est calé pour longtemps !
Et c’est là que ça vaut vraiment le coup d’investir dans un modèle avec de vrais réglages plutôt qu’un modèle fixe qu’on ne pourra jamais adapter à sa morphologie.
⚠️ Attention : Quand vous démontez vos prolongateurs, la profondeur et la hauteur restent généralement en place, mais l’inclinaison des barres peut légèrement bouger au remontage. Repérez bien l’angle avant tout démontage, un simple trait au marqueur suffit pour retrouver sa position en quelques secondes.
La compatibilité avec votre sacoche de guidon
Si vous roulez avec une sacoche de guidon bikepacking, c’est un point à vérifier absolument avant d’acheter.
Un prolongateur de guidon prend de la place sur le cintre, et selon son écartement et sa hauteur, ils peuvent rendre l’installation d’une sacoche compliquée voire impossible.
On se retrouve alors à devoir choisir entre les deux, ce n’est pas vraiment ce qu’on cherche.

Les modèles réglables en hauteur sont particulièrement pratiques ici.
En relevant légèrement les barres, on libère de l’espace vertical pour glisser la sacoche en dessous, sans toucher au reste de la configuration.
Et il existe même des sacoches spécifiques conçues pour se fixer directement sur les prolongateurs, une solution élégante si vous cherchez à maximiser le stockage à l’avant.
Le poids
Sur une sortie à la journée le poids est négligeable, mais en bikepacking multi-jours où chaque gramme est pesé et repesé, ça mérite réflexion.
Les modèles en aluminium tournent autour de 400-600g, les versions carbone descendent sous les 350g.
Ce n’est pas rien quand on cherche à alléger son setup et c’est un des rares accessoires où le carbone se justifie vraiment si vous êtes du genre à optimiser chaque composant.
Comment installer et régler ses prolongateurs vélo
Premier montage, première frustration.
C’est souvent comme ça que ça se passe, et c’est tout à fait normal, il y a beaucoup de réglages à affiner en même temps et trouver la bonne position demande quelques essais.
Commencez par fixer les colliers sur le guidon en choisissant l’écartement, en laissant de la place pour votre sacoche de guidon si vous en avez une.
Réglez ensuite la profondeur des barres, les coudes doivent être légèrement fléchis, pas tendus, testez assis sur le vélo avant de serrer.
Ajustez la hauteur si votre modèle le permet, les avant-bras parallèles au sol c’est la position de référence.
Terminez par l’inclinaison des barres, c’est le réglage le plus personnel, testez sur route avant de tout serrer définitivement.
Et notez votre position avant tout démontage futur, vous vous en remercierez au prochain remontage.
💡 Astuce terrain : Faites votre premier réglage sur un parking ou une route calme, vous aurez besoin de descendre plusieurs fois pour ajuster et mieux vaut ne pas être en plein milieu d’une longue sortie.
Quels prolongateurs choisir selon votre usage ?
Il existe des dizaines de modèles sur le marché, de l’entrée de gamme à 50€ au carbone ultra haut de gamme.
Pour vous y retrouver, voici ma sélection selon votre profil et votre usage.
Pour débuter, le meilleur rapport qualité/prix
Vous n’avez jamais roulé avec des prolongateurs et vous voulez tester sans vous ruiner ?
Les prolongateurs Van Rysel de Decathlon sont exactement ce qu’il vous faut.
Ce ne sont pas les plus légers ni les plus réglables du marché, mais ils font le job, ils permettent de trouver sa position et de comprendre l’intérêt avant d’investir dans quelque chose de plus sérieux.
Et franchement, pour commencer, c’est tout ce dont vous avez besoin.

Prolongateurs Van Rysel

Le modèle idéal pour tester si les prolongateurs sont faits pour vous. Petit prix mais peu de réglages, notamment celui de la hauteur, dommage…
Pour la légèreté, le choix bikepacking
Vous optimisez votre setup au gramme près et vous cherchez un modèle qui ne sacrifie pas le confort pour autant ?
Le Profile Design Supersonic Ergo+ est le modèle que je recommande.
Forme ergonomique bien pensée, suffisamment réglable pour trouver une bonne position sur la durée, et un poids contenu qui justifie largement son prix sur les longues distances.
C’est le type de produit bien pensé où on ne regrette pas d’avoir mis le prix.

Profile Design Supersonic Ergo+

Le carbone est partout, même sur les prolongateurs, une version légère pour alléger encore un peu votre vélo.
Le plus polyvalent
Vous voulez un modèle sérieux, bien construit, avec de vrais réglages et une compatibilité large ?
Le Zipp Vuka Clip Alumina Evo 52 coche toutes les cases.
Compatible avec la plupart des configurations de guidon, il s’adapte à toutes les morphologies et offre suffisamment de latitude pour trouver la position idéale, que ce soit pour une sortie à la journée ou un bikepacking de plusieurs semaines.
C’est le modèle qu’on rachète sans hésiter si on le perd.

Zipp Vuka Clip Alumina Evo 52

Un modèle support polyvalent et réglable dans tous les sens. Existe également en version carbone !
Pour enlever et remettre sans perdre les réglages
C’est le problème classique des prolongateurs : vous avez passé du temps à trouver la position parfaite, et dès que vous les démontez pour un col engagé ou un transport en train, vous repartez de zéro. Frustrant.
Les Redshift Quick Release Aerobars ont résolu ça avec un système de fixation rapide, comme les anciennes roues à patins, 10 secondes pour enlever, 10 secondes pour remettre, les réglages sont identiques à chaque fois.
Si vous alternez souvente entre plat et montagne, si vous prenez souvent le train avec votre vélo ou si vous participez à des événements gravel avec des portions variées, c’est clairement la solution la plus pratique du marché, et ça, c’est top.

REDSHIFT Quick-Release Clip-on Aerobars

Des prolongateurs détachable en moins de 10 secondes et sans perte de réglages, un véritable game-changer !
Questions fréquentes
Comment installer des prolongateurs vélo ?
Les prolongateurs se fixent sur le guidon plat via des colliers de serrage, comptez 30 à 60 minutes pour la première installation car plusieurs réglages sont à affiner simultanément. Une fois la position trouvée, les remontages suivants sont rapides.
Comment régler ses prolongateurs vélo ?
L’objectif c’est d’avoir les avant-bras parallèles au sol, les coudes légèrement fléchis, sans tension dans les épaules. Commencez par la profondeur, puis la hauteur, puis l’inclinaison, et testez sur route avant de tout serrer, quelques sorties seront nécessaires pour vraiment affiner.
Les prolongateurs sont-ils compatibles avec une sacoche de guidon ?
Oui dans la plupart des cas, il faut simplement vérifier qu’il reste assez d’espace entre les barres pour fixer la sacoche correctement. Les modèles réglables en hauteur facilitent l’installation, et il existe aussi des sacoches spécifiques conçues pour se fixer directement sur les prolongateurs.
Peut-on utiliser des prolongateurs en gravel ?
Oui, sur les sections roulantes et les portions plates, mais sur terrain technique, en montée ou en descente, ils sont inutilisables. En gravel longue distance sur itinéraire mixte, ils sont utiles sur les portions asphaltées et les chemins bien roulants.
Quel prolongateur choisir pour débuter ?
Les prolongateurs Van Rysel de Decathlon sont un bon point de départ, abordables et fonctionnels, suffisants pour tester l’intérêt avant d’investir dans un modèle plus léger ou plus réglable.
Les prolongateurs de triathlon sont-ils adaptés au bikepacking ?
Techniquement oui, mais c’est rarement le bon choix. Les prolongateurs triathlon sont conçus pour une position très agressive et horizontale, parfaite pour un chrono mais inconfortable sur 10 heures de bikepacking. On leur préfère les modèles ergonomiques, bien plus adaptés à la longue distance.

Marvin
de Route du Vélo
Amoureux du vélo sous toutes ses formes, de la route, au gravel en passant par le VTT, toujours partant pour partir à l’aventure en bikepacking pour explorer la beauté de nos régions !
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Marvin de Route du Vélo
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